< THE READER. >
Date de sortie : 15 Juillet 2009
Réalisé par : Stephen Daldry
Avec : Kate Winslet, Ralph Fiennes, David Kross...
Film allemand, américain. Genre : Drame
Durée : 2h 3min.
Année de production : 2008
Synopsis:
Allemagne de l'Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle. Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l'un de leurs jeux consiste à ce qu'il lui fasse la lecture.Il découvre peu à peu le plaisir qu'elle éprouve lors de ce rituel tandis qu'il lui lit L'Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien. Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé. Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna... sur le banc des accusés. Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour...
Avis général des critiques presses: 2 Etoiles, pour l'instantAvis général des spectateurs: Pas pour le momentMon Avis: 4 EtoilesThe Reader, c'est un peu le film que j'attends depuis plusieurs mois, dont je bassine la plupart de mes amis et dont l'idée, reprise à l'ouvrage de Bernhard Schlink « Le Liseur » traite un sujet fort et poignant.
Ce film, traitant le sujet de l'holocauste, très souvent utilisé pour les films soit dit en passant, puisqu'il y en a eu près de 252 depuis que le Cinéma nous a ouvert ses portes. Cela dit, Daldry en a fait quelque chose de différent, à travers une vision différente des choses. Il s'est concentré sur la vie de cet homme, Michael Berg, et de ce qu'il est devenu depuis qu'il a fait la connaissance de cette femme, qui était la première femme de sa vie, sans doute l'une de celles qu'il a le plus aimé et dont les sentiments ressurgissent plus de fois qu'il ne le voudrait. Amour de jeunesse, dit-on souvent, soit. Il en fut ainsi pour ce jeune homme de 15 ans. Un amour qui ne dura qu'un été et dont il y aura eu des hauts, comme des bas, comme dans toute relation. Mais la leur aura été tellement différente de toutes les autres, car cette femme, Hanna Schmitz, cache un lourd secret. Le spectateur sent dès le début une froideur et arrive à détecter comme du regret jamais avoué, dans les yeux d'Hanna. C'est ici que nous pouvons saluer la merveilleuse prestation de Kate Winslet, qui s'est encore une fois surpassé et qui nous fait totalement croire à son personnage. Elle est devenue, le temps de 2h, cette pauvre Hanna Schmitz. « Pauvre » ... entendons-nous bien. Ses actes sont impardonnables, elle aura participé (et non été la cause) de la mort de plus de 300 personnes, mais, le spectateur apprend à la connaître, commence à comprendre ses motivations, sa façon d'être et pourquoi elle a agit ainsi. Daldry ne nous laisse pas le choix, le spectateur est obligé d'avoir pitié d'elle ... d'avoir de la peine. Et puis après tout, elle s'en veux, on le sait, on le voit, on le sent. C'est toute la dramaturgie du film, car au fur et à mesure que l'histoire avance, on commence à comprendre, tout comme elle. Hanna ne peux pas retourner en arrière, « peu importe ce que je ressens, peu importe ce que je pense. Ca ne fera pas revenir les morts » dit-elle en se confiant à Michael. Néanmoins, elle nous a montré ce qu'elle ressentait, et ce qu'elle pensait. Cela grâce à ses actes.
L'histoire de « The Reader » n'est pas essentiellement basé sur cette relation amoureuse, elle n'est qu'une façon de comprendre le comportement de Hanna face aux autres, de ce côté dur et déstabilisant. C'est l'histoire d'un homme. L'histoire d'un Homme qui aura vécu toute sa vie avec un poids sur le c½ur. Celui d'avoir été l'amant d'une nazie, et celui de n'avoir pas agis lorsqu'il en avait le temps. La scène où il repart de la prison a été très dur à supporter. Mon côté sensible, je dois l'avouer, m'a joué des tours. Il aurait pu, à se moment là, lui épargner une peine aussi lourde. Mais il n'en aura rien fait. Cela était-il mal ? De venir en aide à une personne qui en aura tué des tas ? Pour un jeune homme de son âge ... certainement. En tout cas, cela aura permis à Hanna de réfléchir aux conséquences de ses actes, à se remettre en question, et à apprendre quelque chose qu'elle n'aurai jamais appris sans tout ça : à lire. C'est une scène très émouvante. En effet, Hanna décide d'apprendre à lire et à écrire. Elle était analphabète jusqu'alors et ... mieux vaut tard que jamais. Il y a plusieurs scènes dans « The Reader » qui ont eu le don de m'émouvoir ... comme les retrouvailles entre Hanna & Michael où il lui dit « Tu n'as donc rien appris ? - Si, j'ai appris à lire » Il lui offre un travail et un endroit ou vivre, mais la haine envers soi-même la poussera à commettre un acte qui lui semblera le meilleur. Mais les répercussions de cela prouveront au spectateur qu'elle a fait le bon choix. En tant que film traitant d'une telle histoire, je dois avouer que la surprise en fut plus que grande. Certes, des larmes ont coulés, sans que je le veuille, car finalement, cette femme en aura tué des personnes innocentes, mais le fait d'apprendre à connaître et surtout à comprendre cette femme, m'a fait avoir de la compassion pour elle, pour ce qu'elle endure. C'est un joli paradoxe quand même ... la haine, et la compassion. Je pense que c'est ce que le réalisateur à tenté de démontrer. Sans pour autant, comme dirait Les Inrockuptibles avec leurs conneries, pardonnez-moi du terme : « Daldry (...) surcharge (...) au cas où l'on aurait raté sa mise en scène au Stabilo et noyée sous les violons. (...) l'actrice n'avait nul besoin d'un cache-misère (...) Un énième clignotant pour une machine à oscars. » Une jolie preuve d'ignorance cinématographiquement. Ils ne comprennent décidément rien à rien ... et il en va de même pour le journaliste de Télérama (ça me désespère qu'un tel « journal » se croit apte à critiquer un film comme celui-ci sans rien y comprendre du tout) ou encore Le Monde. Le monde journalier tourne mal ... très mal ! Laissez les véritables critiques parler et repartez en école, vous en avez grand besoins !
Daldry fait tout sauf charger son long-métrage, et le noyer sous les violons. Il offre, avec son film, un petit bijou qui accuse, condamne, mais pardonne également, les actes de cette femme. Après, c'est l'avis et la vision de chacun. En ce qui me concerne, je suis tailladée entre la haine, et le pardon.
En ce qui concerne les acteurs, c'est un sans faute. Ma ravissante Kate Winslet n'aura, en aucun cas, volé son Oscars. Elle le méritait depuis longtemps (grâce à des films comme Little children ou Revolutionnary Road) mais cette interprétation plus que réaliste de la nazie Hanna Schmitz lui aura permis de recevoir la petite statuette tant convoitée. Elle est méconnaissable, car elle n'est plus Kate Winslet. Elle EST son personnage de bout en bout. Ici prouve le véritable talent de cette actrice qui est mon modèle ... je l'admire et la respecte comme personne d'autre dans le métier. Il en va de même pour David Kross, âgé de 15 ans au début du tournage, qui offre une performance tout aussi incroyable ! C'est assez dingue de trouver tant de nouveaux acteurs de nos jours, qui ont un talent aussi profond. Il n'est pas faux, lorsqu'il joue, il semble réellement amoureux de Kate Winslet (qu'il ne connaissait guère, hormis qu'elle avait joué dans Titanic) et la relation entre les deux est époustouflante de réalisme et de sensibilité. Et enfin Ralph Fiennes, toujours aussi bon, toujours aussi doué dans ce qu'il fait et qui nous tire les dernières larmes du film. Il n'y a rien à dire, le casting de ce film est parfait.
Enfin, mon élément favoris dans les films : La Musique. Celle-ci est signée Nico Muhly . Une bande originale douce, avec un rythme quelque peu accéléré par moment et qui est assez pesante et lourde. Cela dit, c'est un atout majeur au film. Oui, car elle correspond totalement à l'ambiance qui en résulte. Je l'avais écouté bien avant de voir le film et, de suite, je me suis dit : « Olalala, tu ne riras pas une seule seconde devant ce film ma pauvre... » Elle m'émouvait déjà beaucoup alors que je n'avais rien vu du long métrage, hormis la bande-annonce. Imaginez mon état après le film ... j'avais l'air fine ! Dans tous les cas, c'est une soundtrack magnifique, avec un thème très doux, au piano, qui correspond parfaitement à ce qui s'exprime de « The Reader ».
En bref, « The Reader » est un film magnifique qui sait mettre l spectateur extrêmement mal à l'aise car il ne sait absolument plus quoi penser de cette femme. Daldry à su faire sortir d'un sujet comme l'holocauste, une question existentielle : « Comment fait-on pour continuer à vivre après ce que nous avons fait?» En effet, comment Hanna pouvait-elle faire ? Elle aura trouvé la réponse au fur et à mesure des années. Et son choix aura été le bon. Un film à voir à tout prix, avec une objectivité parfaite. « The Reader » frôle le chef d'½uvre, et il nous le fait bien comprendre.
Une pensée à Anthony Minghella et Sydney Pollack, deux des producteurs de The Reader , qui sont morts au début du tournage.